20ème stage SVT-EPS 2026

Les 20 ans du stage SVT-EPS du Lycée Pierre et Marie Curie de Menton.

Pour le 20ème anniversaire du stage géologique du lycée Pierre et Marie Curie de Menton, des élèves, de 1ère et de terminale, spécialistes en Sciences de la vie et de la Terre ont parcouru quelques 450 millions d’années de l’histoire géologique des Alpes franco-italiennes lors d’un voyage d’étude se déroulant du lundi 04 mai au jeudi 07 mai 2026.

Le groupe, composé d’une quinzaine de filles et de garçons encadrés par 3 professeurs du lycée et un étudiant en Master de géologie du laboratoire Géo-Azur de Nice, a étudié dans la Vallée Blanche du massif du Pelvoux briançonnais le socle lithosphérique granitique daté de l’orogénèse varisque (- 420 millions d’années) alors qu’un vaste continent unique « la Pangée » se formait sur notre planète. Notre région se trouvait à cette époque en position équatoriale.  

Au nord de Briançon, les lycéens ont mis en évidence les traces fossiles de vastes plaines couvertes de forêts marécageuses poussant au carbonifère (-305 millions d’années) où des fougères et des prêles géantes s’épanouissaient sous les contreforts du massif hercynien (le massif central actuel) dont les sommets dépassaient alors ceux connus actuellement dans l’Himalaya.

A Digne-les-Bains, les apprentis géologues ont reconstitué les paléoenvironnements disparus du Trias (-250 millions d’années) où le dauphinois alpin était parcouru par de vastes étendues de marais salants ennoyés sporadiquement par les débordements d’un océan lointain « La Téthys ». Munis de salinomètres ils ont ainsi montré que l’eau de la rivière du Givaudan était naturellement 2 fois plus salée que l’eau potable de Menton, dénonçant ainsi la nature salifère des roches sédimentaires du massif de l’Andran. Ces marais se sont progressivement transformés en une mer continentale de plus grande profondeur où nageaient des ammonites, des ichtyosaures et autres créatures reptiliennes du Jurassique (-205 millions d’années). Cette formation maritime n’a pu se développer que par l’amincissement de la lithosphère continentale de l’époque dans un contexte de divergence à l’origine d’un vaste bassin sédimentaire en subsidence qui séparait progressivement l’Europe actuelle de l’Afrique.

Lors de l’ascension du massif du Chenaillet (2650 mètres d’altitude) les étudiants ont découvert les traces géologiques d’un lambeau d’une lithosphère océanique datée du crétacé (-135 millions d’années) appartenant à un océan alpin disparu qui témoigne de la rupture définitive du supercontinent, confirmant le modèle de la tectonique des plaques et des travaux du célèbre scientifique A. Weggener.  

Enfin, en réunissant toutes les découvertes de la formation, les élèves du lycée Pierre et Marie Curie ont étudié l’actuelle collision alpine, ses déformations, ses plis, ces immenses chevauchements qui façonnent depuis 65 millions d’années les paysages montagnards que nous contemplons aujourd’hui jusque dans les Alpes Maritimes.

En plus de ces travaux studieux, les lycéennes et lycéens mentonnais ont pu profiter des joies de nombreuses activités sportives, allant de la descente en rafting de la rivière Guisane, de la recherche de l’équilibre, du combat de la peur du vide par la pratique de l’accrobranche et des efforts physiques nécessaires à de grandes randonnées en montagne où la volonté individuelle de se dépasser et la construction d’une solidarité de groupe sont aussi importantes que le savoir scientifique acquis lors du séjour.

Les professeurs du lycée sont très fiers de leurs élèves et tous se tournent déjà vers la 21ème édition de la formation qui aura lieu en Mai 2027.